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Transfert

J’ai perdu quelque chose.
Je ne sais pas comment,
Ni où,
Ni pourquoi…
Si pourquoi je le suppose,
Je n’ose l’affirmer à voix haute,
Mais la certitude
Se lit derrière mon masque
Sous cette attitude désinvolte et incongrue.
C’est une forme
Que je ne parviens pas
A definir parfaitement.
La plume qui me hante
Vibre sous les courants d’air
D’une porte mal fermée,
D’un froid qui transperce les fondations
Et qui n’a pas sa place
Dans une pièce
Où je ne l’attendais que trop peu.
Force la honte
A jouer son rôle de face
Et saigne-la à blanc,
Que coule l’espoir
D’y voir un repos avide.

Je me retourne souvent
Mais de plus en plus brièvement.
L’apparence ne me donne plus
Qu’un aperçu de ce qui devient.
Je préfère changer de vision un instant
Qu’attraper une vision floue
A cause de ces lunettes
Qui rendent ce que j’aime
Et les alentours de mon coeur
Plus étrangers qu’évidents.

J’espère ne pas me tromper,
Mais la sensation est aisée.
Plus qu’un souffle dans le champ de blé
Qui fait trembler de fraîcheur
Les envies les plus mortes
Des idées préconçues
Transformant à nouveau ma vie
Dans le plus profond de mes veines.
Dans tout ce qui reste de ma pureté
Celle dont je ne pourrai jamais m’approcher.

L’envol suit son cours
Mais je le regarde sans en subir les secousses.
Je me suis posé,
Je pousse tout le monde vers la sortie
Pour me laisser tranquille.
La pénombre
M’empêche d’y croire.
Je me dis que ce n’est pas ici
Que finissent mes idéaux.
Ils sont encore loin devant moi.
Je m’interromperai plus tôt
Afin de ne pas consacrer mon temps
A me complaindre dans la joie
Et la bonne humeur qui n’existe pas.
Il s’agit de mieux mentir
Que tout va bien
D’écouter moins fort
Les cris chantés
Et transformer tout ce qui bouge
En source minérale
Statique
Et froide
Pour tout aseptiser pour de bon.

Tremper le pain sec
Dans le beurre gras
Et chauffer la graisse
Qui encombre les entrées.
Il n’existe plus qu’une seule sortie
Pour trop de paroles
Et tout se morfond
Dans un même moule.
Le bruit n’échange plus sa nervosité
Contre une meilleure vie.
Un seul bout suffit
Pour tout comprendre.

Que cela va vite.

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