jump to navigation

Subir l’arc-en-ciel

Ce n’est pas le rouge
Du magnifique coucher de soleil
M’apaisant dans tes bras.
Mais plutôt le rouge de la honte,
Celui qui me donne envie
De me cacher
Derrière des portes trop fines
Pour être suffisamment opaques.

Ce n’est pas le vert
Du splendide pré humide
Qui me donnait des envies
De plonger vers un idéal
De douceur d’été torride.
Mais le vert
De la nausée
Que j’ai du mal à retenir
Devant ce spectacle lamentable
Et éternel
Qui me frustre.

Ce n’est pas le jaune
De l’or saturé
Des bijoux que j’offrais
Sans en admirer l’éclat.
Mais le jaune
De la morve
Qui me pollue le nez
Tellement j’ai froid.
Je n’ai que trop de mouchoir
A remplir
Pour que tu en supportes
L’odeur et l’espace.

Ce n’est pas le blanc
D’une pure robe de mariée,
Chose promise,
Chose due.
Non,
C’est le blanc du vide,
La page blanche,
La panique,
La solitude devant rien,
Le souffle court,
Silencieux
Devant toi.

Ce n’est pas le bleu
Des songes aimants
Et ailés
Qui nous emportait
Loin et encore plus loin.
C’est le bleu
De la mer
Remplie de larmes
Dans lesquelles je me noie.
Je ne produits plus de sécrétions,
Je les ingurgite
Et elles m’étouffent.

Ce n’est pas le noir
Qui t’allait si bien
Qui te rendait humble
Et discrète.
Mais c’est le noir
De la nuit,
De la fin,
De la mort.
Il n’y a pas de bout du tunnel,
On est en plein milieu.
Le bout est un mur
Et le début n’existe pas.
Il n’y a pas d’issue
On est dedans
Depuis le début
Et jusqu’à la fin.

Commentaires»

No comments yet — be the first.