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Simulation

L’arc se tend,
La corde est sur le point de rompre
Et la flèche menace de ne jamais se lancer
Mais le doigt ne tremble pas,
Le mouvement est fluide.
Il épouse le corps.
Il prolonge la pensée
Et ne questionne plus
La conscience.
Le geste est devenu
Le reflet de l’âme.
Il se termine
Comme il se doit.
La vitesse est fulgurante.
Tellement nette
Que l’air ne la supporte pas,
Que les alentours vibrent,
Que la perspective
Se trompe
Dans ses croyances.
La cible est simple
Et inévitable.
La pointe te transperce
Tellement vite
Que tu n’as même pas le temps
De demander pardon,
De supplier de dissimuler.
Une fois encore,
Ta transparence est évidente,
Tellement dévoilée
Ou plutôt si mal cachée
Que la flèche n’entame
Aucune douleur.
Le vide est fade,
Le connu est triste,
L’évidence terrifie,
La certitude attriste.
Même si j’ai toujours cru
Qu’elle me réconfortait,
Je me suis trompé,
Sur tout,
Sur l’objectif,
Sur ma force
A tendre l’arc.
J’ai mis le temps
Mais j’ai réussi à lâcher la main
Qui se forçait de retenir
Les humeurs destructrices.
Elles filent dans l’espace
Et Sont lâchées au plus offrant.
Comme il est simple
De charmer une pensée furtive
Mais il m’est impossible de la garder,
De la contenir.
Tout tremble aujourd’hui,
Le sol aussi.
Je ne cours plus.
Je n’ai pas envie de marcher,
Pas en ce moment.
Alors je sautille.
Je fais du surplace,
Moins épuisant que la course
Mais plus bruyant.
J’essaye de le faire discrètement
J’y parviens de temps à autre.
Bientôt constamment.
Et je me reposerai
En feintant envers tout le monde
Que je dormais depuis tout ce temps.

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