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Reflet

Quelle ressemblance troublante,
Quelle étrange similitude des lieux,
Des objets,
Des sentiments éprouvés,
Ceux volés
De celle qui subit
Et de ce qui se transmet.
L’esquive est soudaine
Et sauve ce qui reste
D’un oubli séquentiel,
Prudent et répétitif.
Comme un refrain trop sifflé.
Le tympan s’use
Sur un ton monotone.
Il faut cacher ce qui se donne
Et tremper dans l’oubli ce qui se soulève
Par un coup de vent.
En garder une partie pour soi
Et jeter le reste en pâture aux loups.
Ils lècheront comme des affamés de la nuit
Qui n’ont que trop traînés leurs pattes
Dans des jours qui leur appartenaient trop.
Heureusement,
Il y a quelque chose de gracieux,
L’approche timide d’une espérance
Qui doute de sa forme,
Qui manque de confiance en soi,
Et encore plus envers les autres.
Cela va de pair.
On ne s’arrête qu’un instant,
Pour repartir tête baissée
Mais profil haut,
Transporter ce que nous sommes,
Le meilleur du mieux.
Oui, c’est efficace et nécessaire
Et beaucoup se trompent
En jetant tout
Dans des immondices éparses
Et puantes.
La mémoire est belle
Selon l’image que l’on a photographiée,
Selon ce dont on arrive à retenir de fragile,
Selon ce que l’océan rejette,
Selon les algues qui traînent,
Qui nous font marcher prudemment
Pour ne pas glisser
Et tomber
La tête la première
Dans une vase sombre.
J’y suis, j’y reste.
Comme tout le monde
Mais je transforme mon vase
Pour y ajouter une fleur,
Des fleurs,
Ma croyance
Qui affronte le vent de face.
Borné oui,
Fier de l’être.
C’est tout ce qu’il me reste.

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