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Oublier

La sensation de devenir
N’est qu’une maigre consolation
Lorsque celle-ci donne sa place
A l’amertume de l’éternelle défaite,
Une défaite infaillible,
Immanquable,
Et tellement infaillible.
Je cherche à la peindre
D’une couleur écarlate
Pour prévenir les autres,
Pour m’alerter,
Lorsqu’elle re-pointera
Le bout de son nez.
Et j’attends,
J’attends la suite,
J’espère le tout,
J’envie le rien
En essayant d’accumuler l’impossible,
De trouver l’inabordable solution,
La vérité inapparente
Et incurable
Tellement elle blesse.
Mais elle est simplement pure
Et la pureté agresse tous nos sens
De la façon la plus sournoise
Qu’il puisse y avoir
Pour ne pas que l’on s’obstine
A la réfuter avant qu’elle n’apparaisse.
C’est l’unique façon
Que l’on a trouve pour feindre l’emploi,
Le double emploi
Du temps conjugué
Et de l’encadrement inattendu.
Je n’oublie plus,
Je subis ma mémoire.
Je l’effacerai
En temps voulu
Lorsque plus rien ne tournera
Que tout sera carré
Lorsque les courbes du destin
Ne seront plus que des lignes droites
Bien évidentes,
Tellement fatales
Que je ne tenterai plus
De me convaincre
Que je peux tout changer.
Une date,
Une sorte de repère ridicule,
Une trace à la craie
Que le vent va effacer,
Doucement.
Que les traces de pas
Vont subtilement rendre à la terre.
La mémoire que je pensais efficace.

Un changement oblique
Dans l’autre sens
En gardant un oeil
Sur le rétroviseur.
Toujours regarder derrière
Mais ne jamais se retourner
Pour être sur de contempler
Ce qu’on a cru apercevoir
Au risque de se prendre le mur
Qui se rapproche chaque fois
Que le regard s’absente.

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