Casino de plomb
Les jeux sont faits paraît-il,
Et la roue tourne.
La petite bille va se poser
Le plus délicatement possible,
Avec un petit son
Pour avertir tout le monde
Qu’il est temps de se pencher
Vers la fosse sombre,
Et contempler le résultat :
Tous perdants
Et tous coupables
De ne rien comprendre à temps,
De ne rien transmettre.
Je mise sur la table
Un gain
Que déjà je sais perdu,
Et je me sens trahi,
Mais je ne sais pas par qui.
Je ne sais faire qu’accuser
Ce que je ressens.
Toi aussi
Tu as misé ta vie ?
Et tu regardes
Le croupier invisible
T’arracher tes membres ?
Malgré la douleur,
Rien ne l’arrête.
Ni tes cris,
Ni tes mensonges de voeux meilleurs
Que tu prononces chaque année,
Ni tes promesses de vouloir devenir.
Bienvenue au club,
Bienvenue chez toi.
Regarde comme tu as tout bien installé,
Entreposé tous les meubles
Pour même y inviter tes proches
Mais surtout pour y vivre
Ta petite vie romancée
Ecrite sur feuilles roses.
Tu as pensé
Te faire un joli petit chez toi,
Un petit chez vous.
Un beau petit nid
Avec un petit coin chaud
Pour regarder le temps s’enfuir
Devant tout l’amour du ciel.
Mais ce ciel là
Est devenu menaçant.
Tes lunettes sont trop sombres
Pour que tu t’en rendes compte.
Le cri des oiseaux
Que tu n’as jamais su écouter
Est devenu perçant,
Grinçant.
Parce qu’ils ne volent plus,
Ils hurlent sur le sol.
Leurs ailes ont brûlé dans ton enfer.
Joli texte, j’aime le rythme que vous imprimez à vos mots.
Bonne continuation.